La Méditerranée antique, lien entre l’Orient et l’Occident. L’île Shardana qui deviendra Sardaigne. Sacra a été enlevée petite fille et soumise à l’esclavage sur un domaine agricole côtier. Elisha, captive plus âgée d’origine moyen-orientale, la protège. Leur aventure commence le jour où une trombe marine drosse sur le rivage un navire marchand phénicien. Une fois le bateau prêt à repartir, le pilote Al-Bahari offre aux deux femmes de monter à bord et retrouver ainsi leur liberté. S’installer dans la servitude ou s’aventurer vers les périls d’une traversée maritime ?
Sylvie Durastanti illustre dans ce conte d’aventures le contraste saisissant entre la brutalité de l’esclavage à l’âge du fer et la sophistication de la culture phénicienne, fondée sur le commerce (le troc), la navigation astronomique et la maîtrise de techniques artisanales rares comme la teinture pourpre et la filature du byssus (l’or de la mer). Avec Sacra, on explore les thèmes de la métamorphose, de l’identité retrouvée et de l’espoir d’une fuite vers la liberté. L’amour naissant de la jeune fille pour le marin est décrit avec délicatesse et poésie. Amoureuse et curieuse, Sacra découvre une tablette de cire couverte d’inscriptions mystérieuses dans les affaires du marin ; d’autres secrets, peut-être liés à l’écriture ou à la loi, attendent les protagonistes dans leur voyage. Cartes et descriptions géographiques soulignent l’importance des échanges maritimes dans ce périple méditerranéen imaginaire que la construction et l’écriture rendent réaliste. (T.R. et I.J.)
