Le Dit du Mistral

MAK-BOUCHARD Olivier

Dans le champ de monsieur SĂ©caillat, au cƓur du Luberon, un Ă©boulement insolite conduit le vieil homme et son voisin, professeur Ă  l’Isle-sur-la-Sorgue, Ă  entreprendre des fouilles : ils exhument des tessons de poteries et reconstituent des trompes de terre cuite ; puis une sorte de bas-relief, un visage de femme, la « femme-calcaire Â» de la bouche de laquelle coule l’eau d’une source. La dĂ©couverte est fascinante ! Que faire ? La dĂ©voiler ou la dissimuler et garder pour soi la jouissance de cette eau ?

Tel est le point de dĂ©part anecdotique d’un rĂ©cit centrĂ© sur le narrateur qui poursuit seul une immersion dans le lointain passĂ© de cette terre, vivant d’étranges expĂ©riences en lien avec l’imaginaire du Ventoux et de son maĂźtre incontestĂ© au vu des lĂ©gendes locales, le facĂ©tieux Mistral. Nous sommes loin des romans de terroir, loin Ă©galement du lyrisme de Bosco ou de Giono dont l’auteur est nĂ©anmoins l’hĂ©ritier. Un hĂ©ritier qui a trouvĂ© sa langue, ancrĂ©e dans le parler quotidien sans abus de couleur locale ; emportĂ©s par les pĂ©ripĂ©ties d’un roman qui alterne chronique villageoise et fantastique, nous sommes de plain-pied avec l’essence mĂȘme du lieu. Magie de l’écriture ! (C.B et E.M.)