Le Cri de la taïga.

GABOR Aron

Journaliste hongrois, juriste, l’auteur est, en 1945, secrétaire général de la Croix-Rouge de son pays libéré depuis peu des nazis, lorsqu’il se trouve officiellement invité par l’ambassadeur soviétique à Budapest. C’est un piège, un kidnapping, qui débouchera sur le processus long et implacable des interrogatoires, prisons, condamnations, convoi vers la Sibérie, camps de travail, relégation. L’affaire dure quinze ans jusqu’en 1960.

 

Avec un grand art du récit, Aron Gabor met en scène les personnages les plus outranciers et mille épisodes de cette vie de bagne où règne la terreur policière, mais que la vitalité humaine s’efforce à toute occasion de circonvenir. Il y faut être robuste, subir mais aussi réagir. Ainsi l’ancien bourgeois va-t-il s’adapter à la brutalité, prisonnier revêtant la double personnalité du civil et du forçat, paradoxe constant du livre.

 

Impressionnant témoignage sur le goulag, volumineux, ardu, fait par un Européen dont il serait dommage d’ignorer la valeur et l’enseignement.