Le ballet des retardataires : Tokyo, tambours et tremblements

ABOUELEZE Maïa

Lauréate d’une bourse pour perfectionner l’apprentissage du taïko dans une prestigieuse école de Tokyo, la jeune narratrice plonge dans un univers totalement étranger. Le taïko est un tambour japonais dont la pratique dépasse le cadre musical pour accéder au rang d’art martial, de méditation ou de danse. Les exigences pour atteindre la « connaissance » de cet instrument sont innombrables : discipline, rigueur du protocole, gestion des énergies, dépassement de soi, contrôle des gestes, positionnement du corps pour accéder à la souplesse et à la sérénité. Formée par un maître imperturbable, l’élève, c’est-à-dire l’auteure, se trouve régulièrement confrontée à des situations burlesques. Avec acuité, humour et dérision, Maïa Aboueleze embarque son lecteur dans un quotidien étrange, lui révélant, touche par touche, un pays étonnant. L’écriture est tonique, descriptive, factuelle. Peu d’interprétations, peu de fiction. La réalité suffit, confortée par de nombreux mots japonais, traduits en bas de page, qui achèvent de dépayser. Déstabilisant certes, mais efficace et drôle. (D.D. et M.Bo.)