La Mort de Mrs. Westaway

WARE Ruth

Harriet Westaway, dite Hal, vingt et un ans, vit seule à Brighton dans un misérable appartement. Tireuse de cartes, métier que lui a appris sa mère, elle est criblée de dettes et lourdement menacée par un usurier. Presque désespérée, elle reçoit un courrier d’un notaire : sa grand-mère lui a légué une grosse fortune. Sûrement une erreur – elle n’a jamais connu ses grands-parents ! Rapidement elle fait taire ses scrupules et rencontre ses oncles, plutôt chaleureux. Pour eux elle est la fille de Maud, morte il y a longtemps… Mais bientôt tous connaîtront le testament.   Ruth Ware (La disparue de la cabine n°10, HdN janvier 2018) emmène le lecteur dans un vieux manoir forcément délabré et envahi par les pies : référence à une comptine qui pourrait cacher ou révéler un lourd secret. C’est une sombre histoire familiale compliquée à plaisir où s’entremêlent les destins d’une soeur et d’une cousine. L’héroïne, hantée par le mystère de sa naissance (« juste le coup d’un soir »), ne quitte jamais son jeu de tarots dont la symbolique est bien exploitée par l’auteure. La vérité se fait jour petit à petit et le suspense est intelligemment entretenu. Quelques longueurs, mais la fin ne déçoit pas. (C.-M.M. et M.-C.A.)