La forêt d’Alexandre

RASCAL

Devant ses colonnes de chiffres, Alexandre, comptable de profession, poursuit un rêve d’arbre. Un arbre à planter en dépit de toute raison, tellement la terre est aride là où il vit. Un jour il se saisit d’une bêche et le miracle s’accomplit. L’arbre grandit, vaillamment.  L’homme est représenté en silhouette, habillé comme un homme de la City. Quand il travaille à aligner des chiffres, les colonnes étrangement esquissent la forme d’un arbre. Le rêve est là, obsédant. Pour le réaliser, il faut faire fi des oiseaux de mauvaise augure, se décider un jour et, patiemment, regarder l’arbre grandir. Car l’arbre aussi s’obstine, résiste et tient toutes ses promesses, porteur de vie et de bonheur, ombre protectrice, abri pour les oiseaux, cabane pour les enfants, ami de la lune qui se faufile entre ses branches. Les mots sont aussi sobres et forts que les images chargées de sens, souvent symboliques, qui évoquent la feuille, l’écorce, laissent deviner un oiseau, une pleine lune. Les rêves nous survivent ; l’arbre devient forêt. La nature, l’art et la poésie semblent nous dire : à vous de rêver maintenant. (A.-M.R.)