Juste après la vague

Dominique Monfery

Depuis 6 jours Louie fait un cauchemar, toujours le même : il est emporté par une vague monstrueuse qui ravage tout sur son passage. Mais le petit garçon revit la nuit ce qui est vraiment arrivé dans la région. Un volcan s’est effondré dans la mer provoquant un raz de marée gigantesque. Seule surnage la maison de Louie, perchée sur un éperon rocheux ; il y survit avec ses parents et ses 8 frères et sœurs. Mais loin de redescendre après la vague, la mer continue de monter. Il va falloir quitter l’île, rejoindre en barque les hautes terres. Mais le frêle esquif est trop petit pour 10 personnes : qui devra rester et attendre ?

L’adaptation en BD du roman de Sandrine Collette donne toute la mesure de ce drame post-apocalyptique. L’autrice y sondait l’âme humaine sans complaisance mais avec une grande empathie tant l’amour qui unit cette étrange famille ne la dispense pas de la violence des choix.

La version dessinée offre encore plus de force à ce récit d’une âpreté déchirante : on est impressionné par le contraste entre la mer et le vent, ces éléments imprévisibles, terrifiants, et la détermination des personnages en mode survie. Pour l’illustrer, Dominique Monféry met en place une alternance de couleurs chaudes et pâles pour les humains en déroute et des couleurs sombres et froides pour la mer menaçante. Les scènes de tempête sont extrêmement travaillées à l’aquarelle (on pense à la technique d’Emmanuel Lepage) et la stylisation des visages met à distance le tragique pour s’attacher davantage aux caractères.