Coupures

RACHLINE François

SupposĂ©e schizophrĂšne, Else Blankenhorn est internĂ©e en 1899 dans une clinique psychiatrique allemande. Wilhelm Steinitz, confiseur, l’ayant aperçue, tombe amoureux. Le jeune homme, bravant les interdits, lui fournit papier, crayons et couleurs. Elle peint de façon frĂ©nĂ©tique des billets de banque d’une dĂ©licatesse incroyable. Le docteur Prinzhorn, amateur d’art et psychiatre, collecte des oeuvres peintes par des fous. De qui Hermann van Steiger, pianiste de renommĂ©e mondiale est-il le fils ? De nos jours, Jakob, son propre fils, psychiatre, reçoit la jeune Elise qui souhaite Ă©crire la biographie d’Else Blankenhorn.  Menant son rĂ©cit Ă  la maniĂšre d’une enquĂȘte et mĂȘlant fiction et rĂ©alitĂ©, François Rachline (L.R. : les silences d’un rĂ©sistant, NB novembre 2015) Ă©voque ce que fut pour bon nombre de peintres, tels que Dubuffet, Malevitch, Picasso, la rĂ©vĂ©lation des tableaux peints par des malades mentaux, qu’ils ont qualifiĂ©s d’Art brut. L’auteur livre des informations intĂ©ressantes sur ces oeuvres qui ont Ă©tĂ© une piste de rĂ©flexion pour la psychiatrie moderne mais aussi utilisĂ©es Ă  d’autres fins par les nazis pour condamner toute forme d’art qu’ils jugeaient dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e. On aurait souhaitĂ© une conclusion moins dĂ©cevante.   (E.Ca. et P.B.)