Azizam

Gelsomino, Guffanti Valeria

TĂ©hĂ©ran, de nos jours. À la mort de sa femme, Amir se retrouve dĂ©semparĂ© face Ă  ses trois enfants – Shirin, Reza et Mohammad, tous plus Ă©goĂŻstes et cupides les uns que les autres. Quand ils dĂ©couvrent que leur mĂšre a lĂ©guĂ© une terre agricole de trois hectares dont nul ne connaissait jusque-lĂ  l’existence, leurs disputes redoublent, surtout que si les garçons hĂ©ritent de la plus grosse part du gĂąteau, comme le veut la loi iranienne, Shirin a la bonne surprise de trouver, sur son terrain, un trĂ©sor inestimable : un noyer. 

Azizam dresse un portrait rĂ©aliste d’un Iran d’aujourd’hui. Si le scĂ©nario peut sembler simpliste – 3 enfants se dĂ©chirent Ă  la mort de leur mĂšre pour rĂ©cupĂ©rer la meilleur part d’un hĂ©ritage inespĂ©rĂ© dans une suite de longues et rĂ©pĂ©titives disputes – les auteurs en profitent pour montrer en arriĂšre-plan un pays moderne avec des liens familiaux de plus en plus fragilisĂ©s derriĂšre un voile d’harmonie autour des fĂȘtes et des repas. Si le dessin est un peu caricatural en mettant en avant l’effet comique de ces perpĂ©tuelles disputes, les couleurs pastel sont trĂšs rĂ©ussies et nous plongent rĂ©ellement dans cette ambiance au doux parfum d’Orient. En fait, l’histoire semble Ă©voluer comme un conte aux tourments infinis dont on attend la morale finale. Au bout du compte le poison Ă  l’origine de la discorde dĂ©signe, en filigrane, Ă  la fois la Loi islamique qui a changĂ© les gens et distille l’injustice Ă  travers des rĂšgles d’hĂ©ritage archaĂŻques, mais aussi la nature humaine, qui peut semer les graines de la discorde ou du bien ĂȘtre tout en ayant la capacitĂ© de scier la branche, ou le tronc, du bonheur sur lequel il repose.

(NB-MT)