Lorsque son village est Ă©vacuĂ© Ă cause d’un incident nuclĂ©aire, une soixantenaire solitaire se voit contrainte par les autoritĂ©s d`Ă©vacuer en urgence et de laisser son chien chez elle. Lui ayant promis de revenir le chercher, son monde s’effondre une fois Ă l’abri lorsqu’elle apprend que son village est dĂ©finitivement condamnĂ©, la zone verrouillĂ©e et qu’il est Ă prĂ©sent formellement interdit d’y retourner. Mais pour elle hors de question d’accepter : qu’importe les risques, qu’importe les grillages, qu’importe les autoritĂ©s, elle retrouvera son chien coute que coute. Elle lui a promis.
Au crĂ©dit de cette Ćuvre, il faut commencer par souligner le travail magistral du dessin. Quelques planches somptueuses en double page rĂ©vĂšlent des paysages magnifiques, les dessins sont prĂ©cis, Ă©lĂ©gants, contemplatifs. La mise en page nâhĂ©site pas Ă se jouer des cases rectangulaires classiques et apporte un dynamisme Ă lâensemble. Les chiens sont plus vrais que nature. Bref, une plongĂ©e graphique Ă couper le souffle.
Maintenant, lâhistoire. Si elle ne rĂ©volutionne pas grand-chose, sur fond de Tchernobyl, elle traite avec dĂ©licatesse, pudeur et subtilitĂ© les thĂšmes du dueil, de lâabsence, de lâabandon, des animaux de compagnie, du temps qui passe. On avance Ă©mu avec cette sexagĂ©naire. Pas de deus ex machina, pas de scĂ©nario allambiquĂ©. Juste une tranche de vie sincĂšre et poignante.
M.C.
