Berlin 1932. Un entre deux guerres mondiales qui voit l’Allemagne vivre difficilement sa défaite à la première. L’économie est exsangue et le pire côtoie le meilleur. Folker Kuntz, publicitaire privilégié, mène une vie de légèreté pour ne pas dire de débauche. Homme bon, il n’hésite pas à venir en aide à ses voisins défavorisés. C’est ainsi qu’il fait la connaissance d’Ada, une jolie voisine qui travail comme danseuse dans un cabaret et dont il va tomber fou amoureux. Sa sœur, artiste peintre, qui vit avec un trompettiste qui a fui la ségrégation raciale américaine, l’accompagne dans ses folles nuits berlinoises. En sauvant la vie, par hasard, d’un jeune homme qui va l’entrainer dans des réunions pro-nazis, Folker va prendre conscience que les temps changent dangereusement. Mais il continue à danser, boire, faire l’amour…Ainsi s’écoule sa vie, qu’il trouve belle, en une époque où la bête immonde du fascisme, rampante, tisse sa toile. » Et si l’apparence fait encore illusion, doutes et désespoir ont envahi les esprits. » « L’homo germanicus ne veut plus comprendre mais croire, il est prêt à suivre le premier joueur de flûte. »
Plus que jamais dans l’actualité, Pascal Rabaté nous dresse une fresque sociale et historique de la montée en puissance du nazisme dans une Allemagne qui ne demande qu’à croire que ça ira forcément mieux demain. Il suffit de trouver le bon « bouc émissaire »… Des personnages attachants, un dessin précis aux couleurs crépusculaires, entrainent le lecteur dans une réflexion constante sur les dérives humaines. Un magnifique album d’utilité publique. Comme le dit Bertolt Brecht: » Le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, mais son évolution par temps de crise. »
( PP )
