Tzigane, mais le plus beau de tous

NOVAK Kristian

Dans un village du Nord de la Croatie, Milena, croate, la quarantaine, divorcĂ©e, revient aprĂšs quinze ans d’absence dans sa maison natale pour superviser des travaux. Elle tombe amoureuse d’un employĂ©, Sandi, un beau tzigane ĂągĂ© de vingt ans. Les villageois n’approuvent pas cette liaison, Croates et Roms ne se mĂ©langent pas. Un jour, Sandi, inconscient et sĂ©vĂšrement blessĂ©, est retrouvĂ© dans la forĂȘt Ă  cĂŽtĂ© de deux inconnus dĂ©figurĂ©s, tuĂ©s par balle. L’enquĂȘte est confiĂ©e Ă  deux policiers de Zagreb, l’un, dĂ©butant chargĂ© de communication et l’autre, expĂ©rimentĂ©, en fin de carriĂšre, dĂ©sabusĂ©. Ils doivent la rĂ©soudre rapidement afin d’éviter une montĂ©e de violence sous l’influence des mĂ©dias.

L’histoire se passe avant 2015 en Croatie dans une ancienne rĂ©gion miniĂšre. Quatre narrateurs de milieux diffĂ©rents alternent pour la reconstituer : la femme croate, le tzigane, le jeune policier et un rĂ©fugiĂ© kurde fuyant l’Irak. S’adressant Ă  une journaliste, un interprĂšte ou un autre personnage, ils dĂ©crivent leurs parcours respectifs rĂ©vĂ©lateurs des difficultĂ©s Ă  vivre ensemble. Puis chacun expose, aprĂšs le crime barbare, sa version des faits, dĂ©formĂ©e ou non Cette construction subtile mĂȘlant histoire d’amour, rĂ©cit d’un voyage clandestin et intrigue policiĂšre, parle sans fard des peurs qui engendrent les violences et le rejet de l’autre, de corruption, de responsabilitĂ© individuelle et/ou collective. Un roman d’une sombre intensitĂ©, lucide sur le fonctionnement des sociĂ©tĂ©s europĂ©ennes, qui ne laisse pas indiffĂ©rent car toujours d’actualitĂ©. (C.H)Â