L’inconnue du quai de Javel

JAENADA Philippe

1949 : Louise Cansot, vingt-sept ans, est dĂ©couverte un soir, sur les berges de la Seine, Ă©tranglĂ©e. Le meurtre de cette Bretonne arrivĂ©e Ă  Paris Ă  seize ans est restĂ© non Ă©lucidĂ©. 2025 : Philippe Jaenada raconte sa plongĂ©e dans le volumineux rapport policier de l’Ă©poque qu’il croise avec de nombreuses archives numĂ©riques, notamment la presse. À la façon de Maigret, il s’imprĂšgne peu Ă  peu des lieux et de la vie des protagonistes : une Louise nuancĂ©e et attachante se dessine peu Ă  peu.

Beaucoup d’humour, une autodĂ©rision dĂ©bridĂ©e, une narration en poupĂ©e russe, ouvertes par moult parenthĂšses, une dĂ©lectation littĂ©raire des dĂ©tails et des patronymes agrĂ©mentent les descriptions factuelles. Les dĂ©ambulations dans la capitale et une petite ville de Bretagne, TrĂ©guier, transformĂ©es aprĂšs des dĂ©cennies, rythment le rĂ©cit. On ressent le quotidien Ă©prouvant des annĂ©es 1930-1950 endurĂ© par des femmes qui vont s’incarner au-delĂ  de leur Ă©tat civil et des observations de l’enquĂȘte de l’Ă©poque, on cĂŽtoie les modĂšles des peintres de Montparnasse, le monde du music-hall, les escrocs, les lĂąches, les mesquins et les grands cƓurs, l’ordinaire des petites gens. Une fresque de la France modeste durant l’Occupation et l’aprĂšs-guerre pleine d’humanitĂ© : ce roman convivial est un bel hommage Ă  Simenon.(J.H. et A.Be.)