David a 17 ans lorsqu’il se rĂ©fugie chez le docteur Axel RĂ©gnian pour Ă©chapper Ă la maltraitance du curĂ© chez qui il vivait depuis sa petite enfance et la mort tragique de sa mĂšre. Son pĂšre a Ă©tĂ© injustement jetĂ© en prison pour le meurtre de sa femme. David Ă©tait prĂ©sent et se souvient de ce qu’il a vu. En grandissant, il est considĂ©rĂ© comme âidiotâ par l’entourage du curĂ© qui le tient reclus et lui fait subir sĂ©vices sexuels et psychologiques. MalgrĂ© ses difficultĂ©s Ă s’exprimer Ă l’Ă©crit, David a pris l’habitude de raconter dans un cahier son quotidien, et d’y exprimer sa colĂšre et son dĂ©sir de vengeance. Ă force de patience et de douceur, le docteur et sa fille parviennent Ă apprivoiser le jeune garçon brisĂ© par la violence. Mais le traumatisme survit et David attend l’occasion d’exĂ©cuter la promesse qu’il s’est faite : tuer le curĂ©.
L’Ă©crivain et rĂ©alisateur belge concentre dans ce roman des figures hantĂ©es par des apprentissages de vie douloureux, inhumains ou tragiques. En premier lieu David, mais aussi le docteur qui le recueille, abimĂ© pour toujours par des souvenirs de guerre qu’il cherche Ă oublier dans l’alcool. Sa fille a Ă©tĂ© victime d’un viol en rĂ©union dont son frĂšre jumeau a Ă©tĂ© tĂ©moin : depuis il ne parle plus. L’accumulation des tragĂ©dies donne au rĂ©cit des couleurs de roman gothique, anglo-saxon. La destruction du foyer RĂ©gnian, pourtant si accueillant pour David, est inĂ©luctable, et touche l’un aprĂšs l’autre ses membres, implacablement. Un roman choral aux voix mĂȘlĂ©es ; on les distingue par la typographie ; la voix de David est la plus difficile Ă entendre, fragmentĂ©e, brute, haletante. (T.R. et J.G.)
