Victor Hugo La bouche d’ombre

RODOLPHE, ROMAN Olivier

En 1853 l’immense écrivain français Victor Hugo est en exil à Jersey, proscrit par l’empereur Napoléon III pour s’être opposé à lui. Isolé avec sa famille en terre étrangère, toujours meurtri par la mort tragique de sa chère fille Léopoldine, le poète s’enferme dans le silence et l’écriture, inspiré par l’Océan et la beauté sauvage des Iles Anglo-Normandes. Le milieu du XIXème siècle français est marqué par l’émergence du Romantisme, ce courant artistique européen qui porte au pinacle l’expression des émotions et l’influence de la Nature sur l’Homme. Ténébreux et mystique, Victor Hugo va se prendre de passion pour le spiritisme qui fait florès sur le continent auprès d’une bourgeoisie éclairée mais superstitieuse. Le microcosme des exilés s’adonne alors à faire tourner les tables, convoquant  Léopoldine, Galilée, Shakespeare… la bouche d’ombre comme un nouveau langage, jusqu’à l’Océan, figure tutélaire incarnée dans le poème Oceano nox.

Mysticisme ou mystification ? Les auteurs ne tranchent pas qui ont déjà traité en BD le même sujet à propos de Pierre et Marie Curie, scientifiques néanmoins férus de spiritisme.
Sans doute à cause du sujet somme toute un peu ténu, le scénario en profite pour embrasser la seconde partie de la vie du génie français jusqu’à sa mort illustre, tandis que l’illustration réaliste et expressive n’apporte pas de réelle surprise.

(BV)