ĂtĂ© 1935 Ă Gramont, une petite ville du centre de la France. Des claquements de coups de ceinture se font entendre dans la grande maison du directeur-adjoint de l’usine locale. C’est le jeune François qui reçoit la correction habituelle venant de son pĂšre pendant que sa mĂšre et sa sĆur ferment les yeux sur cette violence familiale. François, ado rebelle dans l’Ăąme, ne supporte plus son pĂšre Ă l’autoritĂ© excessive et sympathisant fasciste de surcroit. Pour fuir cette ambiance familiale oppressante, il s’isole en enfourchant son vĂ©lo pour parcourir la campagne environnante. La rencontre avec un groupe de jeunes de son Ăąge va changer sa vision de la vie. Lui, le fils de bourge, va se lier d’amitiĂ© avec des enfants de « rouges », des communistes. MalgrĂ© la diffĂ©rence sociale, il va rĂ©ussir Ă s’imposer au sein du groupe sur fond de tension qui monte Ă l’usine Ă la veille de l’arrivĂ©e du front populaire. L’affrontement qui se prĂ©pare dans la sociĂ©tĂ©, va aller de pair entre le combat intime du fils Ă©pris de libertĂ© et celui de son pĂšre, un violent rĂ©actionnaire.
 » Quand la rĂ©volte d’un fils rejoint celle d’un pays ». C’est l’angle qu’a choisi l’auteur pour mĂȘler le personnel et l’historique. Une gentille histoire agrĂ©mentĂ©e par un dessin fin et expressif qui renforce le cĂŽtĂ© poĂ©tique du » vilain crapaud qui veut manger la gentille libellule ». On se laisse porter, sans grande surprise, et c’est dommage, par des personnages manichĂ©ens qui reprĂ©sentent trop facilement « le Bien et le Mal ». RĂ©sister Ă la facilitĂ© de pensĂ©e, c’est aussi apprendre Ă rĂ©flĂ©chir…
(PP)
