Le pépère

MOYNOT Emmanuel

Bordeaux, au marché aux puces un dimanche matin. Un vieil homme est bousculé par un marginal, simple d’esprit, qui le traite de démon. Vanessa, une punkette, qui s’avérera droguée et prostituée, qui zone dans le quartier, lui vient en aide. On touche pas à pépère !… Le décors est planté. On retrouve notre bonhomme dans son petit pavillon d’un quartier populaire de Bordeaux qui suscite la convoitise des agents immobiliers dans le cadre d’un grand projet d’aménagement. Ce jour là, c’est Madame Patoulet qui se présente chez lui pour lui faire comprendre, de manière disgracieuse et moqueuse, qu’il serait opportun qu’il cède rapidement sa petite maison héritée de son regretté papa. Bien mal lui en prend. Sur un excès d’emportement inhabituel, le pépère la repousse violemment contre un portemanteau qui attendait d’être réparé depuis six ans. La femme s’empale et meure très lentement pendant que le pépère, calmé, se prépare tranquillement son repas. Une fois les jeux de 20 h passés à la télévision, la question se pose : Que faire du corps ? Le plus simple, un trou dans le sol de la cave et on n’en parle plus. Jusqu’à la prochaine…

Cette fable à l’humour noir et grinçant est à l’image du monde qui peut nous entourer dans notre vie quotidienne. Ce petit pépère, un Monsieur tout le monde, insignifiant, est en fait un être complexe, qui derrière une vie ordinaire, devient l’espace d’un instant, un redoutable prédateur pour toutes les personnes qui perturbent sa petite vie bien réglée. Ce qui peut mettre mal à l’aise le lecteur, et qui fait la force de l’auteur, et de son histoire, c’est que ce tueur en série a quelque chose de très attachant. On soutien notre pépère quand la méchante Vanessa, qu’il a accueilli chez lui, en voudra , dans un premier temps, à son argent. Les assassins peuvent vivre autour de nous …

( PP )