La gosse

Caty Baur

«  Souvent, quand on traîne devant la télé en mangeant des tartines, je m’empêche de roucouler mais que tu es belle ». Si je lui dis qu’elle a un cou de cygne et des yeux de faon, elle s’en fout, elle ne me croit pas. Et moi, je suis persuadée d’avoir fabriqué ce qui se rapproche le plus d’un mélange entre la fée Clochette et un soliflore en cristal.
Mais voilà, personne ne m’avait expliqué qu’en grandissant, la gosse me regarderait de haut et de travers. Elle se crispe quand je corrige sa grammaire, souffle quand je lui demande de se-coucher-il-est-tard, se lève si je parle pendant le film. Je crois que parfois, elle me trouve un peu conne.  ». Seule après le divorce puis la mort du père, la mère élève la gosse adolescente dans un quotidien fait de tendresse, de questions et de beaucoup de compréhension. Elle passe en revue les copines, les origines, l’alcool, pas de tabou entre les membres de cette petite famille. Tout ça avec une honnêteté parfois crue, souvent émouvante.

Tirée du livre éponyme de Nadia Daam, Cati Baur illustre cette relation tendre et tendue qu’il peut y avoir entre une mère et sa fille, surtout après la circonstance tragique de la perte du mari/père. Reprenant le récit d’une grande sensibilité mais non dénué d’humour, le dessin est à la fois lumineux et fragile comme miroir des évènements et des sentiments.

(PD)