« Rien de tout ça nâest arrivĂ©. Rien de tout ça nâest arrivĂ©. » Othello a beau se le rĂ©pĂ©ter en boucle, lâacte quâil vient de commettre est irrĂ©parable. Du haut de ses sept ans, lui qui nâavait dâyeux que pour les oiseaux et leurs promesses dâĂ©vasion, vient de tuer son pĂšre. DerriĂšre cette tragĂ©die familiale, de nombreux secrets enfouis, une enfance bafouĂ©e, et lâombre dâun hĂ©ritage dont il ignore encore la portĂ©e.
AprĂšs quatre annĂ©es en foyer, alors quâil entame un stage au sein dâune association ornithologique oĂč il retrouve ses anciens camarades dâenfance, Othello ne tarde pas Ă se retrouver sur les traces du passĂ© dramatique de ses parents.
Cette Ćuvre est assez bluffante. Graphiquement, tout dâabord. Les dessins et les couleurs tout en nuances sont magnifiques. C’est dĂ©licat, fin, sensible. Une belle mise en abime de la psychologie des personnages. On navigue entre rĂȘverie et contemplation, la tĂȘte dans la lune.
Quant au scĂ©nario, il nous emmĂšne la oĂč on ne lâattend pas. Comme dans Game of Thrones quand on dĂ©couvre le sort de Ned Stark, on relit plusieurs fois la page du meurtre du pĂšre pour sâassurer dâavoir bien compris. Et puis cette histoire quâon croit ĂȘtre une gentille histoire dâenfants passionnĂ©s dâoiseaux, on se rend compte quâon ne pouvait pas ĂȘtre plus loin de la vĂ©ritĂ©. Sans savoir de quoi il en retournait, quel plaisir de se faire surprendre par la magie dâune aventure fantastique. On est bercĂ© dans un univers Ă la Miyazaki. La magie surnaturelle ayant Ă©tĂ© en partie remplacĂ©e par la poĂ©sie dâun univers futuriste.
On dĂ©couvre peu Ă peu un monde quâon Ă©tait Ă mille lieux de sâimaginer. Avec ses rĂšgles et ses contraintes, ses mythes fondateurs, sa genĂšse. On Ă©pluche lâhistoire des parents dâOthello avec leurs secrets inavouables, leur romance touchante, tout en connaissant le dĂ©nouement tragique sans pour autant en saisir encore lâintĂ©gralitĂ© des rouages.
La seule dĂ©ception â de taille â câest de se lancer dans la lecture de lâouvrage sans savoir que ce nâest que le premier volet dâune histoire en deux parties. A la fin des 300 pages, la frustration de dĂ©couvrir que lâon va devoir attendre pour avoir toutes les rĂ©ponses laisse un goĂ»t amerâŠ
M.C.
