Bonhomme et le palais de choucroute

TAUBER Julien, GODEAU Vincent

Le minuscule Bonhomme habite dans une boîte à chaussures à côté du centre commercial. À la place des affiches publicitaires est placardée un jour la photo de la princesse, avec invitation à gagner sa main à l’issue d’une épreuve. À force de voir l’oeil géant le fixer, Bonhomme se décide à se rendre au palais.  Invisible grâce à sa petite taille, il assiste à la confrontation, qui est un piège : les têtes tranchées des prétendants malheureux servent à garnir les colonnes de la salle de réception. Le petit homme découvre le secret du roi et remporte le concours, mais le roi est mauvais joueur et Bonhomme est emprisonné. L’histoire est garantie étrange du début à la fin, brodant de façon surréaliste sur une trame classique de conte. À cheval entre le légendaire et le très actuel, l’extravagant et le trivial, elle réserve bien des surprises, à l’instar du palais, composé de choucroute garnie dorée à l’or fin, et de l’illustration. Stylisée, graphique, n’utilisant que trois couleurs (bleu, rouge, jaune), elle exige parfois quelque effort pour être décryptée, sans excès cependant. Disons que, comme le conte, elle nécessite un temps d’acclimatation. Si l’on apprécie l’originalité, l’absurde assez noir, l’album, de qualité (le texte est bien écrit), retient l’attention et peut séduire. (M.D.)